Témoignages

(billet invité) Mé-mo, par Pascale Savey

Je continue cet élan d’accueil qui se présente à moi, en me faisant l’hôte de cet émouvant et profond texte de mon amie Pascale Savey.

Septembre 1994
« Toujours ce mot, « chavirer ». Je suis un radeau fragile, qui craint moins les vagues que les machines de fer. Elles parcourent les mers, laissant des voiles noires tomber à leur suite comme pour asphyxier l’eau bleue. Cherchant à dompter l’indomptable.

Les océans n’ attendent que le jour de l’éveil pour reconquérir la pureté.

Je suis moins patiente, malgré la foi et la volonté, je ne sais accepter calmement la marée noire de l’avidité.

Depuis ces jours magiques baignés de lumière et de couleurs féeriques, où j’ai entrevu la vérité de ce monde, tout affecte la corde légère de mes sens.

Nous sommes si loin et pourtant tout proche. La vérité émane de la contradiction. Nous fautons dans l’action, et nous approchons l’idéal dans la souffrance.

Toute action aujourd’hui mène à la douleur.

Quelque soit notre vie nous souffrons de ne pas être dans la lumière de notre vérité. »

Février 2018
Des carnets, des pages, des lignes, de l’encre pour rendre lisible ce qui à mon corps s’attache, s’inscrit, se cristallise. Voilà donc mon interstice où je peux déposer, nettoyer ce qui semble vouloir écrire en moi, ce qui ne sera jamais vraiment autre chose qu’une idée, une pensée!

Je relie parfois et l’étonnement est toujours là. J’avais 26 ans et déjà la conscience s’exprimait avec lucidité dans ce texte « chavirer ».

A bientôt 50 ans, la profondeur de ces mots me touche encore, je ne sais plus ce qu’ils exprimaient alors mais je sais ce vers quoi ils me guidaient, la rencontre avec moi même!

Depuis j’ai expérimenté bien des choses, la vie de couple, la maternité, j’ai répondu à ce qu’on attend d’une « bonne personne », et à ce qui me pousse intérieurement!

Pas toujours facile de concilier ces deux aspects intérieur extérieur.

Ce que je suis naturellement, profondément et ce vers quoi j’ai tendu par apprentissage et par peur de ne pas être aimée.

Nos agissements dictés par notre éducation, notre vie « moderne », nous éloignent de notre nature et donc de nos besoins essentiels.

La marée noire serait la pollution de notre esprit et de notre corps par le fait de donner à l’autre le pouvoir de nous éduquer, de nous diriger et de nous soigner.

Vous êtes vous déjà penché sur ce qu’est l’apprentissage autonome? L’enfant peut répondre seul à son besoin d’apprendre, trouver les voies qui lui ouvriront les portes de son épanouissement, pour devenir le meilleur de lui même. Être à l’écoute de ses besoins en tant qu’individu unique!

Ah oui cela bouscule quelque chose de bien ancrée, « l’Autorité ». Dans les villages les gens dits « instruits » faisaient autorité, le maire, le prêtre, l’instituteur et le médecin. Politique, religion, éducation, médecine, sont devenues des dogmes qui décident, prescrivent, nous modèlent et nous transforment,  ce sont là les grosses machines de fer!

L’indomptable c’est notre force de vie, l’énergie qui est liée à la lumière, à notre Âme.

Elle n’a de cesse de nous ramener vers notre nature essentielle, d’accorder notre instrument qu’est le corps pour jouer avec justesse la partition de notre âme.

La dysharmonie entre notre corps, notre esprit et notre âme est la cause des divers maux et maladies dont nous souffrons. C’est ainsi que l’exprime le Docteur Edward Bach, pour qui la santé est un état naturel, tout comme la joie et la paix.

Fort heureusement, la Joie, cette force de vie ne m’a jamais fait défaut, et je suis passée de  l’ombre à la lumière, avec plus ou moins de douleurs comme un accouchement de moi même.

Pas à pas, en chutant, en me relevant, en criant, en riant, comme l’enfant qui commence à marcher je me suis éveillée, j’ai avancé vers la lumière qui simplement a donné aux choses un éclairage différent de celui qui m’avait été enseigné.

Par cette lumière je peux sentir la gratitude et la joie d’Être, au delà de l’histoire, du parcours, chaque choix de mon âme prend sens.

Je n’ai pas de regret ou de rancœur, car ce qui est ici et maintenant est le meilleur de moi même, un sentiment heureux de sentir la Joie et la tristesse au même instant.
La joie est notre élan vitale, la tristesse est ce tressaillement profond et intérieur, qui initie un cycle nouveau, un changement de perception, un dénuement.

Joie et tristesse me transforme, m’épure et me renforce, souplesse infinie du mouvement de la Vie et de la Mort.
Peut être est-ce cela que l’on nomme Créateur, ce mouvement unique non duel.

Alors c’est quoi pour vous l’éveil?

Auteur : Pascale Savey  

5 commentaires sur “(billet invité) Mé-mo, par Pascale Savey

  1. Merci pour ce partage. Totalement d’accord que le chemin nécessite de réintégrer notre part instinctive qui apporte la joie et le plaisir de vivre avec un détachement sain de toute perte.

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